Les extraits des votes ! Prix 2026.

 


 

Un premier texte, assez court, a été publié dans Géoconfluences : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/ageoda/conference-de-pascal-clerc-laureat-du-prix-du-livre-de-geographie 

 

Revenons maintenant plus longuement sur les cinq ouvrages au travers des extraits de votes des participants.

 

- Pascal Clerc, Émanciper ou contrôler, Les élèves et l’école au XXIe siècle, Autrement, 2024.

 

Le thème de l’ouvrage lauréat a sans doute rassuré : l’école, nos élèves et étudiants la connaissent, la fréquentent ou l’ont fréquentée. « L’ouvrage est facile à comprendre par des non géographes et non-spécialistes » (Terminale, Lycée Joliot-Curie, Rennes). « J’ai bien apprécié ce livre et j’ai aimé l’étudier. Il permet de réfléchir sur le fonctionnement du système scolaire et m’a permis de mettre des mots sur des choses que je pensais déjà. Le manque de liberté, la surprotection et la difficulté pour l’école de trouver une nuance sur ces sujets. Je recommande ce livre pour tous les élèves qui se questionnent sur le système scolaire, pour avoir le point de vue de quelqu'un qui a mené des recherches sur le sujet et pouvoir amener plus facilement des arguments lors de discussions sur l’organisation de l’école d’aujourd'hui » (1eHGGSP, Lycée Jean Calvin, Noyon).

 

Les participants ont retrouvé dans le livre leurs expériences, leurs vécus du monde scolaire et ont des choses à en dire. « Cet essai nous a donc semblé particulièrement intéressant puisqu’il invite à réfléchir sur le fonctionnement de l’école et ses limites. Nous recommandons vivement la lecture de ce livre car à travers son étude de l’école, il aborde des problèmes sociétaux plus vastes dans lesquels chaque lecteur peut se retrouver » (HK, Lycée Montesquieu, Le Mans). « L’école n’est pas neutre : elle organise le monde, elle produit des frontières, elle façonne les corps et les savoirs : « Parce que l’espace, production sociale, est politique » » (L3 Sorbonne Université). « Un aspect qui nous a particulièrement marquées est l’idée que l’école demande aux élèves d’effacer une partie de leur identité afin de se conformer aux règles ou à une certaine norme, au lieu d’accepter les différences et d’enseigner davantage la tolérance vis-à-vis d’autrui. Cela nous pousse à réfléchir à la place de chacun dans l’espace scolaire et sur la manière dont les élèves peuvent réellement s’y sentir eux-mêmes. Comment apprendre à vivre en commun dans une société de plus en plus mixte, si on nous demande constamment de tous nous ressembler ? » (Terminale, Lycée international Charles De Gaulle, Dijon).

 

Les élèves et étudiants ont apprécié le ton de l’ouvrage : « Il démontre que l’école n'est jamais un sanctuaire, elle est le reflet de la situation du quartier dans lequel elle se trouve », (HK, Lycée Georges de la Tour, Metz) ; « Le livre est très adapté à un public jeune, et on sent que l’auteur sait s’adresser à des lycéens de manière claire et pertinente. » (Terminale HGGSP, École Alsacienne, Paris) ». « On notera également le grand nombre de références et le recours à de nombreuses sources philosophiques, historiques, sociologiques, qui militent pour la pluridisciplinarité du raisonnement. En effet, il s’agit d’un essai engagé qui émet une critique constructive tentant de faire évoluer l’opinion publique en l'éclairant, et qui pousse à une réflexion collective autour de la réinvention de l’école, non pas comme lieu de contrôle et de fermeture mais comme lieu d’émancipation salutaire, tant physique que mentale pour nos enfants » (HK, Lycée Pasteur, Besançon). « En nous proposant une vision originale de l’école, il nous incite à décaler notre regard, à changer la perception que l’on a de ce sujet et à développer notre esprit critique. En effet, à la fin, l’auteur ne nous donne pas seulement une réponse, il nous invite à remettre en question ce lieu qu’est l’école » (Lycée Eugène Woillez, Montreuil-sur-Mer).

 

 



Lycée Français de Lomé.

 

La lecture de l’ouvrage de Pascal Clerc a donné lieu à de nombreux « travaux pratiques » : enquêtes de terrain (« Nous avons interrogé des classes de terminales générale du lycée et du microlycée d’Ambroise Vollard à Saint-Pierre et une classe de CM2 de l’école des lianes à Saint-Joseph sur leur perception personnelle de l’école. Tout d’abord nous pouvons remarquer une nuance entre la vision du lycée en général et du micro-lycée. Pour beaucoup, le lycée général est perçu comme une prison qui isole les élèves, qui privilégie la triche à l’honnêteté et qui empêche de profiter de la jeunesse. Cependant l’espace du microlycée est perçu comme un endroit qui apporte de l’espoir, accompagne les élèves et les font se sentir écoutés et respectés dans leurs limites ». Classe du microlycée OSE974, Première HGGSP), et construction de cartes des établissements scolaires, pour donner à voir la géographie du seuil qui s’y joue. « Nous avons partagé cette lecture avec l’ensemble de l’établissement par la création d’affiches avec les citations que nous avons trouvé marquantes. Pour plus de sens, nous les avons disposées dans les lieux évoqués par l’auteur » (Lycée Saint Charles, St Brieuc).

 

 



Maquette réalisée par les étudiants de HK du Lycée Montaigne (Bordeaux).

 



Consignes de travail pour la Première G2 du Lycée G Cuvier de Montbéliard

 



Exemple de réalisation.

 

L’ouvrage a aussi inspiré les élèves et étudiants pour des chansons et des poèmes. De magnifiques réalisations !

 



Lycée d’Arsonval (Saint-Maur-des-Fossés).

 

Notons, pour terminer sur cet ouvrage, les mots des hypokhâgneux du Lycée Carnot de Dijon (« Au-delà de sa présentation comme géographe, l’auteur est aussi comme citoyen et un père d’élève. Cela rend le livre plus humain et permet de voir à quel point l’école est présente dans le quotidien de millions de personnes : des élèves aux parents en passant par les personnels des établissements ») et ceux des khâgneux du Lycée Camille Guérin de Poitiers (« Nous pensons que ce livre est d'utilité publique et qu'il constitue un excellent point de départ pour entamer une réflexion profonde sur la manière dont nous voulons construire un espace de formation inclusif, sécurisé mais pas sécuritaire et vraiment enrichissant »).

 

- Matthieu Adam, Contre la ville durable, Une écologie sans transition, Grévis, 2024.

 

L’ouvrage de Matthieu Adam a plu pour son objet : « un sujet original, innovant qui témoigne d’une réflexion à contre-courant ce qui est, pour nous, preuve d’un vrai cheminement de pensée nouveau qui, pour cela, doit être valorisé » (HK, Lycée Saint-Sernin, Toulouse). Le ton du livre a plusieurs fois été noté : « Dans Contre la ville durable, le géographe Matthieu Adam propose une réflexion critique sur une notion devenue centrale dans les discours politiques et dans les politiques d’aménagement urbain : celle de « ville durable ». À première vue, cette expression semble aller de soi, tant elle est aujourd’hui omniprésente dans les documents d’urbanisme, les programmes municipaux ou les projets d’aménagement. Pourtant, l’ouvrage montre qu’elle mérite d’être interrogée, tant ses usages sont multiples et parfois ambigus » (HK, Lycée Bertran de Born, Périgueux). « Il faut saluer le style de Matthieu Adam qui tranche avec la neutralité académique habituelle. Il déploie une écriture engagée qui n'hésite pas à utiliser l'ironie, par exemple quand il reprend les mots des élus traitant les opposants de « réactionnaires champêtres ». Cette écriture sert son propos puisqu'elle refuse de lisser le réel et la langue de bois du marketing territorial » (L3 Sorbonne Université).

 

 


   

-Le mur représente la ville réelle : un urbanisme inégalitaire, des logements inabordables, une artificialisation des sols. La peinture verte, c'est le « développement durable » : on recouvre les problèmes d'une couche d'écologie de façade sans rien résoudre en profondeur. Les fissures qui persistent montrent que le vernis vert ne suffit pas à masquer les dysfonctionnements structurels.

-L’homme en costard : Il représente les acteurs de l'urbanisme néolibéral : promoteurs immobiliers, élus, grands groupes du BTP. Ce sont eux qui « verdissent » la ville sans en changer les logiques de croissance et de rentabilité. Le costume signale qu'il s'agit d'une décision politique et économique, pas d'une vraie démarche écologique citoyenne.

-Le panneau « écoquartier" : Il est neuf, bien en vue, mais déjà de travers. Il renvoie à ces labels qu'on plaque sur n'importe quel projet immobilier pour le faire passer pour écologique. Le panneau est le symbole du greenwashing : la communication écologique compte plus que la réalité des transformations.

-La grue et la ville grise en arrière-plan : La grue signifie qu'on continue de construire toujours plus, dans une logique de croissance infinie. La ville grise en fond montre que le modèle dominant reste l'urbanisme bétonné, dont l'écoquartier n'est qu'une exception de surface.

-La peinture qui coule : Elle suggère que le vernis ne tient pas, que la supercherie est temporaire. C'est l'espoir critique du livre : les faux-semblants finissent par se voir.

L'ensemble de la couverture illustre la thèse de Matthieu Adam : la ville durable n'est pas une rupture écologique, mais une récupération de l'écologie par le capitalisme pour continuer à bâtir et à croître tout en se donnant bonne conscience.     HK Maison d’éducation de la Légion d’Honneur (Saint-Denis). 

 

« Après un éclairage documenté sur la notion de développement durable et de ville durable, il montre comment le succès de ces concepts flous est au service du maintien d’un capitalisme urbain qui est contraire à une vraie durabilité » (Classe HK du Lycée Fermat, Toulouse), ainsi, « ne nous trompons pas : si la ville durable affiche sur le papier un taux de mixité sociale important, elle n’est qu’un substitut à la lutte contre les inégalités. Il n’y a pas vraiment de mélange des classes sociales. Les plus riches imposent leurs normes de vie, comme si les classes populaires pouvaient bénéficier du « ruissellement spatialiste » des classes supérieures ce qui révèle le fond idéologique du dispositif. Rappelons-nous que les populations les plus pauvres sont aussi celles qui contribuent le moins au changement climatique et celles qui ont de moins en moins la parole dans les éco-quartiers. Ce livre nous permet d’aller au-delà du marketing vert affiché. Il nous fait réfléchir, douter. Comme le disait le philosophe René Descartes "Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu'il se peut.". Ce doute salutaire nous amène à avoir un regard critique puis à imaginer des solutions plus vivables » (Terminale, LGT René Descartes, Saint-Genis Laval). « Si ce modèle est souvent présenté comme une réponse aux défis environnementaux, Matthieu Adam montre qu’il peut aussi favoriser des phénomènes de gentrification et renforcer l’exclusion des populations les plus modestes. L’ouvrage met ainsi en lumière les liens étroits entre les questions écologiques, sociales et politiques. Ce livre est particulièrement intéressant dans le cadre de la filière B/L, qui repose sur une approche pluridisciplinaire. En croisant les apports de la géographie et des sciences sociales, l’ouvrage offre des pistes de réflexion utiles dans plusieurs de nos enseignements. » (HK-BL / ECG1, Lycée J. Amyot, Melun).

 

Une lecture salutaire donc, saluée par les élèves et étudiants.

 

- Édith Chezel et Coralie Mounet, Habiter avec les loups, Récits d’enquête en Belledonne, Libel, 2024.

 

Ce livre « nous rapproche d’un sujet dont nous étions peu informés, « sujet très lointain » car nous sommes dans un lycée parisien de centre-ville » (Terminale HGGSP, lycée Fénelon Sainte Marie, Paris). Il est « à la fois accessible dans son style, d’actualité dans son thème, mais aussi abordable dans sa forme. Il apporte des connaissances nouvelles tout en ouvrant à des réflexions plus larges sur le rapport entre l’Homme et l’environnement » (Club HG, Lycée français Charles de Gaulle, Londres). « La géographie est très présente dans l’ouvrage, à travers l’étude d’un espace particulièrement intéressant et le croisement constant entre enjeux naturels et enjeux humains. Cette approche concrète donne aussi envie de découvrir le territoire évoqué, la Belledonne » (HK Lycée Henri IV, Béziers).

 

De nombreux votes insistent sur l’apport de ce livre au débat sur le loup en France, débat particulièrement clivant, souvent violent, depuis le retour du loup sur le territoire français en 1992. « Ce livre nous apporte un regard différent sur un débat qu'on pensait connaître. On avait l’habitude d'entendre les mêmes arguments en boucle et le livre montre que la réalité du terrain est bien plus riche et nuancée. Il nous rappelle ainsi qu'avant de débattre d'un sujet, il faut aller écouter ceux qui le vivent vraiment, les chercheurs n'ont pas essayé d'imposer une conclusion, ils ont juste laissé parler les gens » (Terminale, Lycée Saint Joseph Le Havre). « J’ai apprécié le fait que la réponse au débat ne soit pas binaire dans le livre et que les auteurs présentent des points de vue différents et invitent à réfléchir à une cohabitation durable, plutôt que se questionner sur l’habituel débat : “pour ou contre” » (Première, Lycée Stéphane Hessel, Vaison-La-Romaine). « Ce livre refuse une quelconque simplification binaire (la vision manichéenne) entre le bien et le mal, ou pour ou contre le loup. Au contraire, au fil des pages, il restitue la pluralité des récits personnels (anonymisés), des expériences et des manières d’habiter ce massif de Belledonne, il s’inscrit donc dans une tradition de la géographie sociale et environnementale, qui « considère que les conflits autour du vivant ne sont jamais seulement biologiques, mais profondément politiques et territoriaux ». Le loup est en fait un moyen, un outil, pour comprendre les tensions économiques (la survie du pastoralisme), les tensions sociales (l’identité rurale) et les tensions politiques (la gestion de la biodiversité) » (L3 Sorbonne Université).

 

 

Bande dessinée réalisée par une étudiante de HK du Lycée Montesquieu (Le Mans).

 


    

Un débat parlementaire a été organisé au Lycée Claude Bernard de Villefranche sur Saône.

 

  

   

« A partir de notre lecture et de ce que nous en avons tiré, nous avons réalisé un jeu de société intitulé « Le loup de société » qui illustre les enjeux de notre rapport au vivant : les difficultés auxquelles font face les acteurs au contact du loup, les solutions qu’ils mettent en œuvre, la place du loup dans cet écosystème » (Première HGGSP, Lycée International des Pontonniers, Strasbourg).

 

Les votes soulignent aussi l’ampleur du travail de terrain mené par Édith Chezel et Coralie Mounet : « Cette mise en récit du terrain montre une manière différente d’écrire la géographie, plus sensible, plus incarnée, plus attentive aux contradictions. Elle rejoint l’idée que la géographie est aussi une façon de raconter le monde, pas seulement de le décrire » (L3 Sorbonne Université).

 

Enfin, les photographies de Pierre Witt ont été très appréciées : « les photographies sont vraiment superbes, resplendissantes et la montagne est magnifique » (Collège Eugène François, Gerbeviller) ; « les photographies apportent pour nous une réelle plus-value à l’ouvrage ; cette dimension nous a beaucoup plu car elle ajoute un sens à notre compréhension de l’enquête et rend la lecture nettement plus agréable que les ouvrages qui en sont dépourvus ». (HK, Lycée Saint-Sernin, Toulouse). « Nous avons choisi le livre Habiter avec les loups d'abord pour son aspect esthétique. Nous avons apprécié les magnifiques photographies du Massif de Belledonne qui font du livre un objet d'art. Par ailleurs, nous avons été intéressés par le sujet, qui nous a permis de découvrir des aspects méconnus du sujet de la cohabitation entre les hommes et les loups, et de la vie des bergers. » (Lycée Jean Hyppolite, Jonzac).

 

 

 

Le livre « nous a permis de nous poser la question de la cohabitation entre différents acteurs : habitants, éleveurs, touristes et protecteurs de l’environnement. Mais également de réfléchir à la notion d’habiter, aux conflits d'usage et à la nécessité d'adaptation des différents acteurs » (BTS Tourisme, Lycée Bossuet, Lannion).


- Jean-Charles Galli et Alexandre Stachtchenko, Bitcoin, Le choc géopolitique, Armand Colin, 2025.

 

 

 

Première, Lycée G Cuvier, Montbéliard.

 

Le thème de cet ouvrage a beaucoup surpris les lecteurs : le Bitcoin est-il géographique ? Peut-on faire de la géographie avec le Bitcoin ? Un objet immatériel peut-il donner lieu à des analyses géographiques ? Dans tous les textes ces premières questions apparaissent, rapidement suivies de réponses positives : Bitcoin, Le choc géopolitique est bien un livre de géographie, dont l’objet, certes inhabituel, permet de parler d’espaces, de territoires, d’État, de pouvoir, de flux, d’environnement, de réseaux, de lieux, et ce à différentes échelles. « Mon choix pour cet ouvrage est celui du « vertige conceptuel ». Étant formée à l’analyse du territoire mais en difficulté dans la compréhension des concepts économiques et surtout cryptographiques, le livre de Galli et Stachtchenko m’a contraint à un déplacement du regard et forcé à étudier un domaine que je repoussais : il ne s’agit plus de décrire l’espace, mais d’analyser le protocole qui est en train de l’écrire. Ce qui m’a le plus marqué est la démonstration que quelque chose d’aussi abstrait que le code puisse créer des espaces immatériels qui finissent par avoir une prise sur le réel. C’est une tension intéressante selon moi pour un géographe du XXIe siècle : analyser la nouvelle matérialité du code et l’ancrage physique de la monnaie sans État » (L3 Sorbonne Université).

 

 

Terminale, Lycée Sainte-Marie, Beaucamps-Ligny.

     

- Laura Péaud, Figure(s) de la géographie, Sentinelles des mouvements du monde, Le Cavalier Bleu, 2025.

 

L’ouvrage de Laura Péaud, présentant des parcours de géographes, a été apprécié pour ce qu’il montre de la géographie : une science vivante, ancrée dans le réel et l’actualité d’un monde qui change, une science structurée par des réseaux transcalaires, dont les membres sont souvent engagés dans des luttes, qu’elles soient politiques, sociales, ou encore environnementales. « À travers les 18 figures présentées par une petite biographie, leurs recherches et leur participation aux institutions de la discipline, Laura Péaud montre comment, à partir de leurs expériences, on peut penser les différentes inflexions qu’a connues la géographie et ses méthodes. Alors que la plupart des manuels présentent la discipline selon des entrées par notions ou par types d’espaces, l’autrice propose une alternative qui rétablit l’importance du vécu et des réseaux dans l’élaboration du savoir géographique » (L3 Sorbonne Université). Une entrée par personnes donc, facile d’accès, et un ouvrage qui peut se lire de façon discontinue, tout en abordant des notions et concepts centraux de la géographie d’aujourd'hui : les élèves « ont aimé découvrir la géographie autrement, découvrir des visages pour la plupart inconnus, connaître de nouvelles personnes, de nouvelles notions », (4e, Collège La Forêt, Saint-Genis-les-Villages). « Faire de la géographie par la lecture invite à travailler sur des femmes et des hommes qui ont cherché à expliquer le monde dans lequel ils vivaient en ayant une certaine sensibilité de l’espace et des territoires et remettre du sens dans un monde qui se veut toujours plus connect. » (1e HGGSP, Lycée Raoul Blanchard, Grenoble).

 

Le titre de l’ouvrage ne laisse pas indifférent : « Cette géographie incarnée est aussi une géographie engagée. Les figures présentées par Laura Péaud ne sont pas uniquement des chercheurs : certaines ont occupé des fonctions politiques, d’autres ont pris publiquement position face aux injustices du monde, au point d’apparaître comme de véritables sentinelles, voire comme des lanceurs d’alerte. Témoins des fractures sociales, des dominations territoriales, des violences coloniales ou des inégalités, ils montrent que le savoir géographique est indissociable d’un positionnement dans le monde. Cette posture rapproche clairement l’ouvrage des courants de la géographie sociale et critique, qui rappellent que la géographie n’est jamais neutre, mais aussi des géographies féministes, pour lesquelles le corps, le genre, la position sociale et le vécu du chercheur participent pleinement à la production du savoir. Le géographe ne parle jamais “de nulle part” : il parle toujours depuis un lieu, une histoire, une situation » (L3 Sorbonne Université).

 

 


Le jeu de cartes des géographes des élèves de Première HGGSP du Lycée Woillez (Montreuil-sur-Mer).

 

 


Première, Lycée G Cuvier, Montbéliard

 

Pour finir

 

De nombreux votes insistent sur ce que le Prix a apporté aux lecteurs sur ce qu’est la géographie. Une science indispensable, humaine, complexe et passionnante, engagée. C’était l’objectif premier de la création du Prix du Livre de Géographie des Lycéens et Étudiants en 2020 : faire découvrir et aimer cette discipline souvent malmenée et galvaudée, réduite à des localisations sur une carte et des thèmes peu enthousiasmants. Or, la géographie est riche, foisonnante, plurielle par ses terrains et ses objets, toujours changeante et surprenante. Nous empruntons ici les mots d’un collègue du collège La Forêt (Saint-Genis-les-Villages) : « L’objectif est d’amener les élèves vers la lecture et les livres, de faire aimer la géographie par d’autres biais ». Et les mots des étudiants de HK du Lycée Saint-Sernin de Toulouse « Nous avons découvert cette année cet enseignement qui est la géographie, que nous ne connaissions que très mal auparavant, et nous avons apprécié retrouver dans cet ouvrage le caractère diversifié que propose la réflexion géographique ».

 

« Nous souhaitons de nouveau remercier  les organisateurs du prix du livre de géographie de nous avoir fait découvrir autrement la géographie, sous un angle « moins scolaire » : elle est plus nuancée, parfois même difficile à saisir mais avant toute humaine et engagée comme le montrent les études/enquêtes/exemples sur lesquels se basent les ouvrages universitaires lus.  Pour reprendre la première phrase de la préface de l’ouvrage de Pascal Clerc, « Décidément, la géographie ne sert qu’à faire la guerre » en paraphrasant la citation d’Yves Lacoste, nous pouvons dire que la géographie sert ici à mieux appréhender notre espace du quotidien.  Ainsi, notre réflexion, notre approche du monde qui nous entoure a changé, que ce soit notre établissement, un massif montagneux, le monde des cryptomonnaies, les villes durables  ou les sujets d’études des différent/tes géographes rencontré/es lors de la lecture des 5 ouvrages de la sélection » (lycée Louis Armand, Villefranche-sur-Saône).

 

 

Merci à tous les élèves et étudiants d’avoir participé à cette belle aventure qu’est le Prix. Merci pour vos votes, votre investissement, votre créativité, votre courage aussi, car ce n’est pas anodin d’ajouter de telles lectures à une année scolaire déjà chargée. Merci à tous les enseignants qui encadrent leurs classes et groupes, de la découverte de la sélection à l’envoi du vote. C’est du temps, de l’énergie, un investissement considérable : sans vous, le Prix n’existerait pas, alors mille fois merci pour votre confiance et votre participation. Merci aux auteurs, qui cette année encore sont allés à la rencontre des classes, ont animé des soirées (en collaboration avec l’APHG), se sont rendus disponibles pour expliquer leurs ouvrages mais aussi participer à faire vivre la géographie. Merci à leurs éditeurs d’avoir accepté encore une fois de confier les ouvrages en PDF aux lecteurs.

 

Et enfin, merci encore aux soutiens du Prix. L’organisation du Prix bénéficie en effet du soutien du Festival International de Géographie (FIG), de l’Inspection Générale d’Histoire et de Géographie, de la DGESCO, de l’AP Géo, de l’APHG, de l’Association Les Clionautes, de l’Association de Développement du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (ADFIG), du CNFG, de Géoconfluences, de l'APROGET (Le réseau de la géographie en BTS tourisme), de Géographies en mouvement, de l’Association Internationale de Géographie francophone, des Cafés Géographiques, de l’Association fédérative Nationale des Étudiant.e.s en Géographie, aménagement, urbanisme et environnement (AFNEG), de la Ville de Metz et du Crédit Mutuel Enseignant de Metz.

 

 



 

 


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